Cours d’occitan pour adultes à Pessac

Vous souhaitez apprendre l’occitan?

La calandreta de la Dauna propose cette année encore des cours d’occitan pour adultes, en partenariat avec l’Ostau Occitan. C’est Julian Pearson, également guide-conférencier et fin connaisseur de l’occitan bordelais, qui les assure.

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Ces cours sont ouverts aux débutants comme à ceux qui ont déjà des connaissances.
Apprentissage des rudiments de la langue, travail sur la conjugaison ou des points de grammaire, études de textes et découverte de la culture occitane sont au programme, dans une ambiance conviviale. L’accent est mis sur la pratique orale à travers des jeux de rôles ou des exercices pratiques.

Vous voulez vous lancer ou perfectionner vos bases, n’hésitez pas !

Informations pratiques :

Le cours a lieu tous les jeudis de 17h30 à 19h00 sauf vacances scolaires, dans les locaux de la Calandreta, 33 avenue de Genève à Pessac. Accessible en tram B Arrêt Unitec ou Montaigne-Montesquieu.

Début des cours : jeudi 4 octobre

Tarif pour l’année : 125 euros incluant les 20 euros de cotisation à la Calandreta de la Dauna pour ceux qui ne sont pas encore adhérents.
(8 inscriptions minimum pour organiser le cours)

En bonus , un peu de vocabulaire
L’occitan de communication

Dictionnaire occitan

Les verbes occitans bordelais

Quelques mots d’occitans bordelais

Encore plus d’occitan ici

Images IRM et bilinguisme précoce

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Le professeur Gilbert Dalgalian est psycho-linguiste spécialisé dans les apprentissages précoces de langues, il a été aussi expert UNESCO en technologies éducatives.

« Grâce aux images IRM du cerveau on peut expliquer les facilités des enfants bilingues en langues et calcul : on constate en effet que l’aire de Broca est plus développée chez eux que chez l’enfant monolingue. L’aire de Broca, qui est située dans la zone préfrontale gauche s’occupe de tout ce qui est automatique en langue et de tout ce qui est formel, l’ordre des mots et les conjugaisons. Tout ça acquis quand on est petit a été automatisé et les automatismes sont stockés et gérés dans l’aire de Broca qui nous permet l’accès à la complexité et l’abstraction sans nous embarrasser l’esprit de la mise en forme qui y est faite automatiquement. On voit que la zone de Broca chez un enfant bilingue est plus grosse et intégrée et gère les deux langues donc il est plus performant que le monolingue qui lui a une zone plus petite, ou même chez le bilingue tardif qui a deux Broca mais qui sont construits séparément et donc il est tributaire d’un allez-retour volontaire et conscient. Chez le bilingue précoce on peut passer librement d’une langue à l’autre en reformulant librement son vécu. »

L’évaluation des filières bilingues selon le Pr Dalgalian

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Le professeur Gilbert Dalgalian est psycho-linguiste spécialisé dans les apprentissages précoces de langues, il a été aussi expert UNESCO en technologies éducatives.

« L’éducation nationale, à un moment donné, non seulement s’est intéressée à la question du bilinguisme mais a fait des évaluations parce qu’elle ne pouvait pas se lancer dans cette initiative de filière publique bilingue si il n’y avait pas d’évaluation préalable. Les évaluations n’ont pas porté sur la langue régionale mais sur le français et les mathématiques et là, surprise … Les évaluations ont donné de petits écarts dès le CP, toujours au profit des moyennes des classes bilingues comparées aux classes monolingues de même âge et de même niveau, mais de petits écarts dont on ne peut tirer grand chose. Puis les écarts au CE1-CE2 se sont creusés un petit peu mais là aussi on n’a pas voulu tirer trop prématurément de conclusions. Et puis d’un seul coup au CM1-CM2 on a vu que les écarts étaient devenus énormes, dans tous les cas très importants, et les moyennes des classes bilingues étaient systématiquement supérieures en français et en mathématiques aux moyennes des classes monolingues, de même âge et de même niveau. »

 

Comment le cerveau assimile une nouvelle langue

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Publié sur http://cursus.edu/article/20059/comment-cerveau-assimile-une-nouvelle-langue/#.VHORkGeGiSq par Alexandre Roberge

Apprendre sa propre langue est déjà un défi cérébral en soi. Alors, qu’en est-il quand il faut maîtriser une autre langue que la sienne ? Et pourquoi est-il si difficile d’apprendre une langue appartenant à une autre famille que la sienne, alors que nous manipulons finalement assez bien d’autres codes complexes comme les mathématiques par exemple ?

Comment le cerveau fait-il pour maîtriser une langue?

Même si les recherches récentes montrent que de nombreuses régions de notre cerveau s’activent lors de la moindre opération mentale, les fonctions utiles au langage trouvent leur source dans deux aires qui ont donc une importance primordiale : l’aire de Wernicke et l’aire de Broca. La première nous permet de comprendre les langues et la deuxième sert à s’exprimer oralement dans une ou des langues. Le fonctionnement de ces deux aires est différent. L’aire de Broca crée un espace spécifique pour chaque langue alors que celle de Wernicke ne fait aucune différenciation.

Comme le rappelle cet article, les cerveaux des enfants élevés dans des milieux bilingues ou multilingues sont un peu dissemblables puisque l’aire de Broca ne distingue pas les langues apprises simultanément. Ce qui explique pourquoi les enfants bilingues n’ont aucun mal à passer d’une langue à l’autre dans une même phrase.

Sachant qu’il y a deux aires cervicales impliquées dans la maîtrise d’une langue, on conçoit alors qu’il soit possible de comprendre très bien une langue tout en ayant des difficultés à la parler. Si cela est votre cas, ne vous découragez pas : faites seulement travailler un peu plus votre aire de Broca en pratiquant votre expression orale. Ce qui rejoint complètement l’adage qui dit que « pour maîtriser une langue, il faut pratiquer » !

D’ailleurs, la plupart des experts s’entendent sur une chose : l’apprentissage des langues sur le modèle traditionnel ne fonctionne pas au niveau neurologique. En effet, il faut envoyer au cerveau des signaux indiquant clairement que l’on est dans un processus d’apprentissage linguistique, pour que les fonctions dévolues au langage se mettent en activité. Alors, si vous apprenez une langue comme vous apprenez de l’histoire, par exemple, en mémorisant des listes de mots comme des dates d’évènements, cela ne va pas fonctionner. Vous allez retenir vos listes de dates et vos r§ègles de grammaire, mais vous serez incapable de sortir trois mots ou de comprendre une phrase simple dans la langue cible…

Une solution souvent citée pour apprendre une langue étrangère est l’immersion. Une étude dont les résultats ont été publiés en 2012 décrivait l’expérimentation et montrait l’efficacité de la méthode :

Les scientifiques ont enseigné à des adultes un langage inventé basé sur un bonne douzaine de mots. Un groupe menait son apprentissage de façon immersive alors que l’autre le faisait de façon plus traditionnelle. Leurs connaissances sur la langue furent ensuite vérifiées en leur demandant de confirmer ou non la justesse de structures syntaxiques qui leur étaient présentées. Les scientifiques ont aussi mis des électrodes sur la tête des participants pour analyser leur activité cérébrale.

Au niveau de la compréhension du langage, les deux groupes avaient des résultats plutôt similaires, mais la réaction cérébrale était totalement différente. Le cerveau de ceux qui avaient appris en immersion agissait comme s’il s’agissait d’une langue maternelle. Et autant dans l’étude mentionnée étude que une autre encore plus récente, les scientifiques ont observé que les connaissances linguistiques perduraient bien après la période d’immersion, sans pratique complémentaire. Précisons tout de même que les deux études ont été menées avec de très petits échantillons et que leurs conclusions sont donc à prendre au conditionnel. Mais il s’agit tout de même d’une piste intéressante sur la compréhension du phénomène d’apprentissage linguistique.

Des méthodes d’apprentissage basées sur les neurosciences

Si les méthodes traditionnelles d’apprentissage du langage ne sont pas efficaces, comment les formations peuvent-elles s’adapter, dans l’hypothèse où l’immersion effective n’est pas possible ? Dans un récit publié sur le site Salon, un capitaine de l’armée américaine raconte comment il a appris l’arabe – une langue réputée difficile à maîtriser pour les locuteurs natifs en anglais  – à partir d’une solution originale : LinguaStep. Si le site ne propose pas de l’immersion, il offre au moins une façon intéressante de mémoriser la langue. Cette initiative de Loren Siebert en 2006 est basée sur deux principes directement issus des neurosciences. Le premier est l’apprentissage sélectif : dans cette méthode, pas de temps à perdre avec les éléments que la personne maîtrise déjà. Le deuxième principe est celui des répétitions espacées. Par exemple, supposons que l’apprenant identifie bien le mot « ciel » en arabe; il n’est donc pas nécessaire de lui rappeler chaque jour comment se prononce le mot dans la langue cible. Mais s’il n’utilise pas le mot, l’apprenant risque de l’oublier ! Le mot va donc lui être présenté après un certain temps. Les intervalles de temps entre chaque présentation augmentent tant que le locuteur se souvient de la signification du mot. S’il se trompe, un cycle entier recommence.

Le Middlebury College, connu pour la qualité de ses programmes linguistiques, a vite compris qu’il fallait se servir de ce que les neurosciences nous apprennent sur l’apprentissage d’une langue et donc, immerger les élèves dans la langue cible. Les jeunes qui prennent des cours de langues l’été dans cet établissement doivent donc obligatoirement parler la langue d’apprentissage lors de leurs différentes activités. Pour le vice-président de l’établissement, il y a 4 éléments nécessaires pour bien maîtriser une langue :

  1. L’utiliser.
  2. L’utiliser avec un but, ajouter un projet en parallèle qui justifie l’apprentissage (exemples : créer une démonstration de cuisine, monter une pièce de théâtre, etc.).
  3. Avoir accès à du matériel authentique. Il faut des extraits audio et vidéo provenant de réels échanges et situations qui emploient le langage (verbal et non verbal).
  4. L’utiliser en interaction avec les autres.

Le Middlebury College a, depuis une décennie, engagé de nombreux scientifiques spécialisés dans l’apprentissage des langues et dans les sciences cognitives. Ils ont effectué des recherches sur les différentes méthodes d’apprentissage des langues et il semble que la plus efficace soit la formation hybride, qui combine à la fois des activités réalisées avec les TIC et un professeur. L’institution use donc de moyens comme les jeux en ligne pour créer des espaces d’immersion en plus des activités dirigées par des enseignants.

Il n’y a donc pas de solution magique pour apprendre une langue, ni de « code génétique national » plus apte que d’autres à l’apprentissage linguistique. Si les Allemands et les Danois parlent l’anglais mieux et plus tôt que les Français, c’est tout simplement parce qu’ils apprennent mieux cette langue. Cela exige de la patience et beaucoup de pratique. Il est donc préférable de faire pratiquer la langue le plus tôt possible, avec différents interlocuteurs, réels et virtuels. L’immersion obligera le cerveau à assimiler plus rapidement et durablement le vocabulaire et la grammaire afin de se faire comprendre des autres.

RÉFÉRENCES :

Pfromm, Robert. « Learning Another Language: How Does the Brain Process Language? » HubPages. http://sokcgold.hubpages.com/hub/The-Keys-to-Learning-Another-Language-Understanding-How-the-Brain-Processes-Language.

Bushwick, Sophie. « Immersion in a foreign language rewires your brain – especially when you take time off. » io9. 31 mars 2012. http://io9.com/5897308/immersion-in-a-foreign-language-rewires-your-brain-+-especially-when-you-take-time-off.

GLOBALITY. « Foreign language immersion can change your brain. » 29 mars 2012. http://www.globality-health.com/en/yougenio/news/2012-03-29-Foreign-language-immersion-can-change-your-brain.html.

Tsui, Bonnie. « What’s the secret to learning a second language? » Salon.com. 27 octobre 2012. http://www.salon.com/2012/10/27/whats_the_secret_to_learning_a_second_lanuage/.

Lingua Step : http://www.linguastep.com/

Middlebury College : http://middleburyinteractive.com/index.php/summer-academies/live-a-language/

Illustration : Crystal Eye Studio, shutterstock

« Les langues régionales en France en 9 questions » dans La Gazette des Communes

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Publié ici le 13/06/2014 • Par Stéphanie Stoll

 

Le 3 juin, un colloque sur « l’avenir des langues régionales », organisé à l’Assemblée Nationale, par la députée des Pyrénées-Atlantiques, Colette Capdevielle (PS) a réuni 120 auditeurs dont de nombreux parlementaires. Parmi les intervenants, Jean-Marie Woehrling, expert auprès du Conseil de l’Europe a fait partie du groupe qui a rédigé le projet de Charte européenne des langues régionales. Il répond aux questions de La Gazette.

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